Si tu lis cette lettre, c'est que j'ai dû m'absenter,
Un peu avant que t'arrives mais je pouvais pas rester,
Les autres m'attendaient.
Que faire? je sais plus par où commencer,
J'avais plein de choses à dire mais pour écrire j'suis bloqué,
Mais j'vais me lancer :
Tu sais la vie c'est pas comme on veut,
C'est souvent comme on peut,
Ta maman a fait comme elle a pu pour qu'tu vives mieux,
Elle t'a appris la valeur de l'argent,
Parce que dans sa famille, un franc c'était un franc gagné durement,
Très tôt, papa te quittait,
Quoi penser de plus triste pour un pauvre gamin,
Maman elle se tuait au boulot,
Manque de pot, elle portait pas d'polo,Elle était pas en guenille non plus,
T'avais beaucoup de projets, demande à Yasmine, tu le lui disait,
J'te disais, n'abandonne pas les cours, l'école ça aide des fois,
Plus tard tu t'en aperçois,
Avant de t'en mordre les doigts, bosse et ne baisse pas les bras,
Pense à ta maman qui s'faisait tant de soucis pour toi,
A chaque fois que tu sortais le soir,
Celle qui te bordais toutes les nuits,
Et les jours où tu étais en colère après elle repense-y,
T'en aura jamais deux comme ça,
Retiens ça et n'écoute pas les cons qui pense qu'un homme ça ne pleure pas,
Crois moi, et si t'a pu partir un doigt levé,
Pied de nez à la guigne finalement t'a gagné,
C'était pas ton monde,
A travers toi, on apprendra à s'unir et nos victoires te seront dédiées,
Te demande pas pourquoi, t'a la réponse Là-Haut,
Il fallait que tu partes, c'était écrit grand frère.
Il va te falloir beaucoup d'audace, pas mal de courage,
Pour te remémorer les souvenirs du passé,
Et si un jour t'a envie de causer,
Envois des signes, j'te répondrais,
Tu pourras toujours compter sur moi.
On choisit pas ses parents, ca a été dur pour toi,
Comme ceux qui vivent au foyer,
Pourtant tu es toujours resté fier et digne,
Jamais tu n'as grimaçé devant ta purée,
Tu subissais un peu les vannes de tes potes plus à la mode,
Tu ne faisait même pas un flan à ta mère pour une nouvelle paire de chaussure,
Tu ne jouait même pas les enfants gâtés le jour,
Où pour sortir le soir il te manquait de l'argent,,
Elle t'apprenait à ne pas craindre la nuit,
Elle te disait que c'est normal si tu tombes amoureux, les ados le font aussi,
Elle te disait que le sang est le même pour tous, seul les couleurs changent,
On finit de la même façon, on tend la main aux Anges,
Il n'y'a qu'une chose qu'elle regrette de ne pas t'avoir dit plus souvent,
Fallait que tu le devines dans son regard,
En un mot, qu'elle t'aimait plus que tout au monde,
Faudra que tu comprennes, que tu sois indulgent,
T'a rien à te faire pardonner ici,
Tu peux être tranquille,
C'est mon seul regret, j'aurais voulu être riche,
Etre présent pour combler tes carences financières,
Etre gâteux quand je te voyais, tant pis,
C'était pas marqué sur ton carnet de santé,
ALLAH a dit que tu ne pouvais pas rester,
Alors t'a dû t'envoler,
Mais si tu te sens trop seul, largué,
Y'a toujours une personne à qui tu peux penser,
Et ça tu le sais.
En la mémoire de mon grand frère OMAR,
Une pensée pieuse aussi pour tous nos disparus.
ALLAH HIERHAMAK
On se retrouvera et on continuera cette fraternité inachevée...
... AU PARADIS (INCH'ALLAH)
Paroles inspirées de la chanson de SHURIK'N "La lettre"